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L'AVOCAT.

La naïveté de cette composition est extrêmement remarquable, et l'expression qu'Holbein a su donner à sou magistrat est un véritable chef-d'œuvre. En l'examinant avec soin, on peut voir que, tout en paraissant lire attentivement une pièce de la procédure, il a eu la distraction de laisser sa main ouverte près de la partie la plus riche, qui se détermine à présenter une pièce d'or, dont le poids pourra bien faire trébûcher la conscience du juge. Le paysan, que l'on voit sur le devant, semble interdit et craindre de parler, n'ayant pas sans doute à produire d'argumens irrésistibles. La femme de ce malheureux plaideur cherche cependant à le pousser vers son juge, dans l'espoir que, s'il s'expliquait avec franchise, on ne pourrait se refuser à lui rendre justice.

Le coloris de ce tableau est harmonieux, vif et plein de naturel. Les vêtemens sont de couleurs variés et très-fins, ainsi que tous les accessoires. Le ton des chairs est également très-varié, puisque le juge a une chevelure noire, son greffier est un jeune homme blond, l'un des plaideurs a les cheveux tout blancs, tandis que son adversaire est d'un rouge ardent.

C'est bien certainement à tort que quelques personnes ont prétendu que ce tableau n'était pas original, ou qu'au moins il n'était pas de Holbein : il suffit de voir avec quel soin et quelle franchise il est peint pour ne pas en douter.

Ce tableau appartenait, en 1764, au docteur Pragg, et fut alors gravé par Antoine Walker; il a passé depuis dans la possession de M. French, à Londres.

Larg.. 4 pieds; haut., 3 pieds.

THE MAGISTRATE.

The natural air of this picture is truly remarkable, and Holbein's Magistrate is a master-piece of expression. On altentively considering him, we perceive that, while seemingly absorbed in the perusal of a document, he has carelessly left open the hand next the richer of the two litigants; who determines on slipping a piece of gold into it, shrewdly suspecting that it will decide she balance of the judge's conscience. His adversary, the peasant, on the contrary appears abashed, and afraid to speak, as doubtles he has not the same irresistible arguments to offer; but his wife pushes him towards the Magistrate, trusting that a fair statement of the case will suffice to obtain justice.

The colouring of this piece is harmonious, bright and natural. The dresses are diversified in colour, and nicely finished; as are all the accessories. The tones of the flesh-colour also are very various, the judge being black-haired, and the young man near him, fair, while the hair of one of the contending parties is white, and that of the other of an ardent red.

Some critics have erroneously asserted that this picture was not original, or, at least, that it was not the work of Holbein; but the care and freedom of the execution sufficiently attest its author.

In 1764 it belonged to Dr. Pragg, and was then engraved by Anthony Walker; it has since become the property of Mr. French, of London.

Width, 4 feet 3 inches; height, 3 feet, 2 inches.

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LA MORT DE LA VIERGE.

Le peintre, auteur de ce tableau, n'avait pas d'autre nom que celui de Jean; et, suivant un usage assez général dans le XVe siècle, il y joignit celui de Schoreel, village près d'Alcmaer, où il était né en 1495. Il est un des premiers peintres de l'école flamande qui ait été en Italie se perfectionl'étude des figures antiques, ainsi que par la vue des grandes compositions de Raphaël.

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En représentant la mort de la Vierge, Jean de Schoreel nous la fait voir tenant un cierge à la main, pour indiquer l'ardeur dont brûle son âme, près de retourner vers son Créateur; l'apôtre Jean paraît l'exhorter à ne plus s'occuper que de sa nouvelle patrie, tandis que les autres apôtres semblent témoigner leur regret de la perte qu'ils vont faire. On voit, sur le devant, l'un d'eux avec une chape, tenant une croix d'une main et un goupillon de l'autre. Le peintre a mis dans son tableau une foule d'autres détails, peints avec la plus grande vérité et avec un soin extrême. Aujourd'hui surtout que l'on met tant de prix à suivre avec une scrupuleuse exactitude tout ce qui a rapport aux costumes, de semblables peintures offrent plus d'un genre d'intérêt.

Ce tableau est un de ceux qui faisaient partie de la précieuse collection des peintres flamands et allemands, antérieurs à Lucas de Leyde et Albert Durer, réunie à Stuttgard, par les frères Boisserée, et cédée par eux au roi de Bavière.

Ce tableau a été lithographié par N. Striæner et J. Bergmann.

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